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vendredi 11 juin 2010
M comme : Magie, Mana, Ménage et caetera...
Je suis une grande enfant.
Et, malgré mon éducation cartésienne, je ne peux m'empêcher de rêver un Monde où un peu de Magie aurait le pouvoir de Métamorphoser notre quotidien.
Mes enfants m'aident à y jouer ; eux aussi aiment la Magie.
Je ne me suis jamais vraiment remise de la lecture de Tolkien... et à certaines périodes de l'année, un sortilège me donne le pouvoir de lancer des boules de feu et me transforme en une No Life ivre de Mana...
(mais motus ... c'est un secret que ne connaissent que mes amis les plus proches... une femme de mon âge! Vous vous rendez compte?)
Mais avouez : laquelle d'entre vous n'a pas rêvé d'être Samantha un jour de Ménage ?
Ceci est ma participation au Dico du Vendredi de Mes Petits Rayons de Soleil...
Qu'offrir à un papa... ( idée 1)
... nostalgique, ludique, bricoleur, écologiste, un peu artiste et naturaliste ? (ou fan de Grégoire-de-Koh Lanta)
Ce livre sublime, que M. Roseau adore (alors que je l'avais d'abord acheté pour les enfants - et hum oui, c'est vrai, aussi pour moi):



Il est publié par les formidables éditions
dont le catalogue recèlent bien d'autres merveilles, qui peuvent être qui plus est feuilletées en ligne :
(N'oubliez jamais qu'il est toujours intéressant d'offrir à votre conjoint quelque chose qui vous plait aussi à VOUS et que VOUS pourrez utiliser - surtout s'il vous a offert un truc nul à la fête des mères- ne vous vengez pas, compensez! - non pas que M. Roseau m'ait offert un truc nul - d'ailleurs il faudra que je songe à vous montrer le sublime cadeau de M. Roseau - que je trouve)
Ce livre sublime, que M. Roseau adore (alors que je l'avais d'abord acheté pour les enfants - et hum oui, c'est vrai, aussi pour moi):



Il est publié par les formidables éditions
dont le catalogue recèlent bien d'autres merveilles, qui peuvent être qui plus est feuilletées en ligne :(N'oubliez jamais qu'il est toujours intéressant d'offrir à votre conjoint quelque chose qui vous plait aussi à VOUS et que VOUS pourrez utiliser - surtout s'il vous a offert un truc nul à la fête des mères- ne vous vengez pas, compensez! - non pas que M. Roseau m'ait offert un truc nul - d'ailleurs il faudra que je songe à vous montrer le sublime cadeau de M. Roseau - que je trouve)
mercredi 9 juin 2010
Mode : comme une tendance littéraire...
mardi 8 juin 2010
Une Libelul en liberté...
Ma liberté c'est une chose toute simple... C'est le travail que j'ai choisi... Qui me permet si je le veux de boucler parfois bien après minuit, en bonne noctambule que je suis... D'être parfois seule à travailler à la maison durant les jours de semaine... et de manger pour tout repas un paquet de crakers à 15h 45 de l'après-midi, en bonne ado attardée que je suis... De changer d'horaires chaque jour de la semaine, et de recommencer autrement à chaque rentrée... De n'écouter comme aujourd'hui que le silence, et le vent, et quelques trilles d'oiseaux avant que la maison ne se remplisse des cris d'enfants et du bruit de la radio de M. Roseau en bonne contemplative que je suis... De lire de la poésie en prof de Lettres que je suis...
Séance de travail nocturne... (la photo date... et le PC aussi!)
Le mardi c'est permis : l'odeur de l'enfance
"Mais le vert paradis des Amours enfantines..."
C'est tout d'abord une perte ; que nul récit, nulle photo ne saurait résoudre.
Une longue perte répétée tout au long de l'enfance vagabonde, Saigon, Bogota, Yaoundé et Abidjan... A chaque fois les odeurs disparues restent en terre, uniques au lieu, absentes du lieu nouveau ; et à chaque fois une part entière de l'enfance reste avec elles.
Pourtant, il est une odeur, une seule qui m'a suivie, accompagnée à chaque mutation parentale.
L'odeur de l'orage, de la pluie des tropiques, et à chaque fois, dans chaque pays, les mêmes enfants rieurs sous les gouttes tièdes, l'odeur lourde, magnifique de la terre, les caniveaux qui débordent et l'odeur douceâtre des détritus qu'ils emportent... La couleur des ciels après la pluie...
Mon enfance a l'odeur de la mousson, l'odeur que je préfère au monde.
Je ne savais pas qu'en arrivant en France pour y vivre ma vie d'adulte, jamais plus je ne la retrouverais.
Ceci est ma participation au Mardi c'est permis de Pödane...
dimanche 6 juin 2010
J'ai lu Orages ordinaires ( Ordinary Thunderstorms) de William Boyd
Je pourrais dire que je l'ai commencé hier soir, vers 23h et fini un peu avant 05 h du matin, et cela suffirait...
J'ai toujours beaucoup apprécié W. Boyd, que ma mère m'a fait découvrir à l'adolescence ; Les Nouvelles Confessions contiennent une des plus belles scènes de lecture que j'ai jamais lues :
"Karl-Heinz ne m’avait donné que le texte – j’ignorais le titre, j’ignorais l’auteur. Je ne savais rien du sujet du livre ni de son genre. Pourtant, assis là dans cette cellule, j’eus l’impression d’être à l’orée d’une merveilleuse aventure et de tenir entre mes mains fiévreuses quelque chose d’immensément précieux. Ce fut un instant divin. Il allait changer ma vie.
*
"Chapitre Un. "
Mon coeur battait follement d’impatience. La première phrase, le premier paragraphe...à quoi ressembleraient-ils ? Je lus :
" Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution [...] n’être fait comme aucun de ceux qui existent " Mon émotion fut telle qu’il me fallut reposer la page. Mon coeur se démenait dans ma poitrine, y battant à grands coups. [...] Mais jamais je n’ai lu un tel prologue à un livre, jamais je n’ai été aussi puissamment et immédiatement emporté. Qui était cet homme ? A qui appartenait cette voix qui m’interpellait si directement, dont l’impudeur effrontée retentissait de tant d’honnêteté sincère ? Hypnotisé, je poursuivis ma lecture. "
" Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution [...] n’être fait comme aucun de ceux qui existent " Mon émotion fut telle qu’il me fallut reposer la page. Mon coeur se démenait dans ma poitrine, y battant à grands coups. [...] Mais jamais je n’ai lu un tel prologue à un livre, jamais je n’ai été aussi puissamment et immédiatement emporté. Qui était cet homme ? A qui appartenait cette voix qui m’interpellait si directement, dont l’impudeur effrontée retentissait de tant d’honnêteté sincère ? Hypnotisé, je poursuivis ma lecture. "
J'ai aimé aussi Brazzaville Plage, La Croix et la Bannière, Comme neige au soleil, Un Anglais sous les Tropiques ...
Boyd est également un fantastique nouvelliste : Le Destin de Nathalie X , La femme sur la plage avec un chien et Visions Fugitives contiennent de véritables bijoux.
Orages ordinaires est un thriller londonien dans lequel j'ai retrouvé les qualités de cet écrivain : un déplacement léger du quotidien, un décalage subtil, qui en révèle alors toute la bizarrerie sous-jacente, l'étrangeté inhérente ; le goût assumé du romanesque et de la poésie du hasard ; des héros humains et imparfaits, des personnages secondaires autonomes, variés et très complets ; un humour très anglais, parfois loufoque (l'Église John Christ...) ; un regard toujours juste et réactualisé sur l'époque ; beaucoup d'humanité, qui jamais ne tombe dans l'angélisme ni, à l'inverse, le cynisme ; une poésie des lieux, des gens et des choses à la quelle je suis très sensible : quelle belle idée par exemple que cet ensemenceur de nuages...
L'intrigue fonctionne bien par ailleurs, on se laisse prendre au suspens d'un thriller bien construit, capable aussi d'une vraie violence.
Il y a toujours une dimension cinématographique assumée chez Boyd (qui s'accomplit dans le beau personnage du cinéaste John James Todd des Nouvelles Confessions, et que l'on retrouve aussi dans la chronique hollywoodienne que constitue Le Destin de Nathalie X ) : ainsi, Orages Ordinaires m'a rappelé les meilleurs films des frères Cohen.
La "romance finale" m'a un peu moins convaincue, mais j'admets que cela fait partie des codes du genre ; et la fin ouverte parvient à maintenir le lecteur dans l'interrogation et à ouvrir l'espace du roman.
(Pour découvrir plus en détail les œuvres de William Boyd, je vous conseille cette page.)
Van Gogh, La liseuse de roman, 1888
Dimanche poétique # 9 - La Tzigane
La tzigane
La tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Espérance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Ave
On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
A ce qu'a prédit la tzigane
Apollinaire, Alcools, 1913
Bohémienne, vers 1900
vendredi 4 juin 2010
Quand on ne trouve pas chaussure à son pied...
Il fut un temps où j'attendais le printemps pour ça...
... et ça...
Il fut même un temps où mes élèves, pleines de compréhension face à cette addiction, m'offraient des chaussures... (Vous ne les avez pas encore vues, ces chaussures?!?)
Il fut un temps où j'avais de sublimes petits escarpins à brides dorés (jusqu'à avant-hier en fait ; et jusqu'à ce que je décide d'adopter un chiot qui fait ses dents...)
Il fut un temps où j'avais deux pieds et chaussais du 38 ; maintenant, j'en ai quatre : 2 en caoutchouc et métal d'environ 4 cm de diamètre ; 1 emplâtré d'environ 5 kg et pointure 44 (pour la largeur) ; et 1 seul petit pied orphelin qui promène (pas trop!) son 38 solitaire clopin-clopant...
(Ceci dit, maintenant que les beaux jours s'installent, je pourrais tenter comme le sciapode de Lycosthenes d'utiliser mon pied mutant pour me protéger du soleil)
Bref... Adieu non pas veau, vache, cochon mais sandales exquises, robes vaporeuses, jupes virevoltantes et escarpins assurés cliquetant sur les pavés. C'est pas le pied. (oui bon je sais c'est facile)
Des économies en perspective? Que nenni. A défaut de trouver chaussure au mien, je viens de me ruiner (hyperbole) en achetant quelques pieds désirables chez mon dealer préféré, le Jardin du Pic-Vert...
... et ça...
Il fut même un temps où mes élèves, pleines de compréhension face à cette addiction, m'offraient des chaussures... (Vous ne les avez pas encore vues, ces chaussures?!?)
Il fut un temps où j'avais de sublimes petits escarpins à brides dorés (jusqu'à avant-hier en fait ; et jusqu'à ce que je décide d'adopter un chiot qui fait ses dents...)
Il fut un temps où j'avais deux pieds et chaussais du 38 ; maintenant, j'en ai quatre : 2 en caoutchouc et métal d'environ 4 cm de diamètre ; 1 emplâtré d'environ 5 kg et pointure 44 (pour la largeur) ; et 1 seul petit pied orphelin qui promène (pas trop!) son 38 solitaire clopin-clopant...
(Ceci dit, maintenant que les beaux jours s'installent, je pourrais tenter comme le sciapode de Lycosthenes d'utiliser mon pied mutant pour me protéger du soleil)
Bref... Adieu non pas veau, vache, cochon mais sandales exquises, robes vaporeuses, jupes virevoltantes et escarpins assurés cliquetant sur les pavés. C'est pas le pied. (oui bon je sais c'est facile)
Des économies en perspective? Que nenni. A défaut de trouver chaussure au mien, je viens de me ruiner (hyperbole) en achetant quelques pieds désirables chez mon dealer préféré, le Jardin du Pic-Vert...
jeudi 3 juin 2010
Choses que j'aime (#1) - Sei Shonagon- Des noms à peindre...
Alors que l'immobilité forcée me rend sans doute plus contemplative malgré moi, je me remémore ce soir ce livre que j'aime tant, les Notes de Chevet de Sei Shonagon :
Choses qui font battre le cœur
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.
Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé
Une natte à fleurs, vieille, et dont les bords usés sont en lambeaux.
Un paravent dont le papier, orné d’une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s’accroche la glycine.
Une jupe d’apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur.
Un peintre dont la vue s’obscurcit.
Dans le jardin d’une jolie maison, un incendie a brûlé les arbres. L’étang avait d’abord gardé son aspect primitif ; mais il a été envahi par les lentilles d’eau, les herbes aquatiques.
Une natte à fleurs, vieille, et dont les bords usés sont en lambeaux.
Un paravent dont le papier, orné d’une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s’accroche la glycine.
Une jupe d’apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur.
Un peintre dont la vue s’obscurcit.
Dans le jardin d’une jolie maison, un incendie a brûlé les arbres. L’étang avait d’abord gardé son aspect primitif ; mais il a été envahi par les lentilles d’eau, les herbes aquatiques.
J'ai sorti ce soir ma boite d'aquarelles pour peindre l'iris que j'ai croqué cet après-midi au bord du bassin. Et je m'aperçois que parmi les choses que j'aime, vraiment, absolument, les noms des pigments occupent une place essentielle.
Le premier de tous, le préféré : Caput mortuum violet au nom d'alchimie...
Mais aussi le Colibri or-royal, l'Aureoline, la Laque d’Alizarine Violette, la Laque de Garance et toutes ses nuances, le Jaune d'Inde et de Naples, la Pierre de Fiel, le Noir de Bougie, la Cendre Bleue, le Bleu Indigo, le Vert Antioche, le Violet d'Egypte, le Ton Rouge de Saturne...
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